Syndicat intercommunal des eaux
Mirabel-Piégros-Aouste

Le syndicat et son histoire

Trois communes et au milieu coule une rivière. D'une rive à l'autre, des réseaux d'eau potable et d'eaux usées relient leurs territoires.

L'aventure a commencé en 1961

Le 15 avril 1961, les communes de Piégros la Clastre et de Mirabel et Blacons sous la houlette de leurs maires respectifs : MM Rolland et Gourdol, décidaient d'unir leurs efforts et leurs finances pour réaliser un réseau d'adduction et de distribution d'eau potable sur les deux communes. C'était pour l'époque, un projet gigantesque (mais largement subventionné) au regard de la taille de ces deux collectivités. Pour mener à bien cette réalisation, le syndicat intercommunal des eaux (SIE) Mirabel-Piégros était créé. Les principales sources alors utilisées, étaient celles des Chapeaux et de Brunel à Piégros la Clastre et celle de Boudra (ancienne adduction de Crest) à Mirabel et Blacons; ainsi que temporairement, le captage des fontaines de Crest sur la Gervanne au quartier du Pont de Romane à Blacons.

Les années passant et les besoins grandissant, d'autres ressources en eau ont dû être envisagées et après plusieurs recherches infructueuses et un long et pénible épisode de notre histoire, la résurgence de Bourne (l'une des sorties d'un réseau souterrain karstique qui alimente la Gervanne) sous le village de Beaufort, a pu être captée en 1992; mettant à l'abri de la pénurie les deux communes mais également celles de Montclar, Suze, Aouste sur Sye et Crest. Le syndicat mixte des eaux de Drôme Gervanne qui regroupait ces six communes, devenait alors notre principal fournisseur d'eau. Les deux sources de Piégros étaient cependant conservées et sont toujours utilisées de nos jours pour le haut service de cette commune; les autres ont été abandonnées.

SDG Debut travaux captage
Début des travaux de captage à la résurgence de Bourne, en janvier 1992

En 2001, la commune d'Aouste sur Sye ralliait le syndicat, formant ainsi une nouvelle entité: le Syndicat intercommunal des eaux Mirabel-Piégros-Aouste (plus communément appelé SMPA), qui a en charge aujourd'hui l'adduction et la distribution d'eau potable sur ces trois collectivités. Pour cette dernière commune, les sources du pas de Lauzun, de l'Echelette et de Font chattée, sont toujours utilisées pour la desserte de la partie sud d'Aouste et en complément de l'eau fournie par Drôme-Gervanne. A noter que le réseau du SMPA est interconnecté avec ceux de Crest, Cobonne et de Saillans, pour d’éventuels dépannages des uns comme des autres.

Le syndicat aujourd'hui

Même si ce n'est pas la solution la plus "confortable" pour les élus, le choix d'une gestion en régie de ce service public par un syndicat intercommunal à vocation unique (SIVU), a été fait et conservé par les diverses municipalités qui se sont succédées depuis plus d'un demi-siècle. Si ce choix a été voulu et perdure, c'est pour spécialiser ce service tout en laissant les élus maitres des décisions et de sa gestion qui se veut la plus économique possible. C'est ainsi que le prix de vente de l'eau qui en dépend pour partie, ainsi que les prestations du syndicat, restent encore aujourd'hui tout à fait raisonnables; en attestent les tarifs consultables sur ce site.

Resurgence des Fontaigneux
La résurgence des Fontaigneux

Ces dernières années, le SMPA a également été désigné par les communes de Piégros, de Mirabel et d'Aouste (cette dernière, depuis le 1er janvier 2017) pour la construction de leurs réseaux d'assainissement eaux usées (ou leurs reprises), ainsi que pour la gestion s'y rapportant. Ces communes ont également confié au syndicat, le service public de l'assainissement non collectif (SPANC), pour lequel il est amené à contrôler les installations autonomes des particuliers. Tous ces services, ont été possibles par un transfert de compétences des communes vers le SMPA; lequel bien sûr, rend des comptes aux collectivités, soit directement soit par le biais des délégués. En matière d'extension des réseaux, les projets sont établis généralement à la demande des communes et en accord avec elles, notamment en ce qui concerne leurs plans locaux d'urbanisme (PLU).

A sa création, le SIE Mirabel-Piégros avait peu de matériel et ne comportait sur le terrain qu'un seul employé qui "faisaient tout avec presque rien" et un secrétaire qui "faisait partie des murs"; on salue ici la mémoire de nos "pionniers", comme on salue tous ceux qui ont consacré un moment de leur vie à celle du syndicat. Aujourd'hui, pour un service plus important et de qualité, le SMPA est bien équipé en locaux, véhicules, informatique, matériels de nettoyage et de réparation, stock de pièces… Cinq agents (l'un d'entre eux est détaché à temps partiel par la commune d'Aouste) assurent la partie technique et administrative du SMPA dont la direction a été confiée depuis le 12 avril 2017 à Florian Labat, ingénieur en biotechnologie.
Trois de ces agents étant mis à disposition partielle du Syndicat Drôme Gervanne, le temps total réellement exécuté au SMPA correspond à environ 3,7 emplois temps plein.

Briefing du matin avec Florian Mathieu et Corentin
Briefing du matin avec Florian Mathieu et Corentin

Les agents affectés au service technique, assurent la réalisation ou la surveillance des travaux, le relevé des compteurs, la maintenance des réseaux AEP et EU et de leurs ouvrages, le traitement bactériologique des sources, les divers contrôles, la recherche et les réparations de fuites, les contacts avec les abonnés, etc. A tour de rôle, ils assurent également 24 heures sur 24 toute l'année, les astreintes et interventions nécessaires aux réparations et à la continuité du service. Côté administratif: c'est la facturation, les travaux de secrétariat et de rédaction, la comptabilité, l'accueil du public, ainsi que de multiples actions complémentaires indispensables au bon fonctionnement de la structure.
L'organisation et la répartition des tâches, comme l'implication de tous - particulièrement celle très professionnelle du personnel - font du SMPA, un service public à part entière et performant qui n'a rien à envier aux sociétés fermières privées qui gèrent ces types de réseaux dans certaines communes.

Pour son secteur "eau potable", le SMPA c'est aujourd'hui environ 158 km de canalisations (principales et branchements, 10 réservoirs de différentes capacités, 5 stations de surpression, 58 poteaux d'incendie (à compétence communale) et une multitude de petits ouvrages (réducteurs de pression, stabilisateurs, brise charges, ventouses, etc.). En 2017, ces installations lui ont permis de distribuer 301 689 m3 d'eau potable à 2 308 abonnés. La qualité de l'eau est régulièrement contrôlée par un laboratoire indépendant et les résultats des analyses (en général très convenables) sont communiqués aux trois collectivités et sont consultables sur ce site, à la rubrique "Infos pratiques".

En ce qui concerne l'assainissement (EU), le réseau sur les trois communes est composé de 45 km de collecteurs principaux et d'antennes secondaires ainsi que de 13 postes de relevage. Ce réseau aboutit dans celui de la commune de Crest avec laquelle le SMPA a passé une convention. Les effluents sont ensuite traités par la station d'épuration du Crestois (STEP) géré par la communauté de communes et dont le fonctionnement est actuellement assuré par la société SUEZ. En 2017, le SMPA comptait 1614 abonnés raccordés à l'assainissement collectifs et 685 disposants d'un assainissement autonome.

administration

Administration et budget

Le SMPA est administré par un conseil syndical composé de neuf délégués désignés par chaque collectivité, pour la durée d'un mandat municipal. Longtemps présidé par Jacques Ravel, c'est Maryline Manen maire de Mirabel et Blacons qui assume aujourd'hui cette mission. Côté fonctionnement, des règlements de service pour l'eau potable, l'assainissement collectif et l'assainissement autonome, s'imposent au syndicat comme aux abonnés. Ces différents règlements et annexes sont consultables sur ce site.

Pour ses finances, le SMPA ne disposant pas de fiscalité propre (impôts), ses seules ressources sont la vente de l'eau à ses abonnés, la redevance d'assainissement et diverses participations lors de raccordements à ses réseaux. D'éventuelles subventions (de plus en plus rares) viennent ponctuellement aider certains gros projets.
Si le budget d'investissement des deux rôles (eau et assainissement) dépend des réalisations qui peuvent varier d'une année à l'autre, les budgets de fonctionnement sont eux assez stables. Pour 2018, celui de l'eau s'élève à 1 662 430 € et celui de l'assainissement à 808 533 €. L'endettement (emprunts) total du SMPA est très raisonnable au regard de l'importance des réseaux et des activités qui y sont liées; ce qui traduit depuis plus de cinquante ans, une politique de gestion rigoureuse et réfléchie. Comme le font les communes en début d'exercice, ces deux budgets prévisionnels sont votés par l'assemblée délibérante du syndicat et soumis au contrôle de la légalité.

Longue vie au SMPA

Pour la proximité, pour la maitrise du prix de l'eau et des dépenses, pour la poursuite de la prise en compte des projets dans le cadre de l'aménagement du territoire de chaque commune, espérons que le moment voulu, d'autres élus reprendront le flambeau, afin que l'esprit avec lequel nos ainés ont créé ce service public, perdure. Si des modernisations et des évolutions sont toujours nécessaires - et le syndicat ne s'y est jamais refusé - nul besoin de renoncer à cette autonomie et à cette implication des décideurs, que permet la gestion en régie.

Espérons également que la loi portant sur la réforme territoriale et les décisions qui en découleront, ne viennent pas tout bouleverser et modifier sensiblement ce bel équilibre auquel nous sommes tous très attachés.

René Bergier